Présentation succinte de l'Empire suite aux réformes de Dioclétien et de Constantin (284-337)

LE PERSONNEL DU PALAI

Castrensis sacri palati (Castrensis du palai sacré) : mentionné à partir des années 343-346. S'occupe du service de table. De rang proconsulaire.

Ministeriales : sous les ordres des castrensis sacri palati.

Paedagogiani (pages) : sous les ordres des castrensis sacri palati.

Silentaires : sous les ordres des castrensis sacri palati.

Praepositus sacri cubiculi (préposé à la chambre royale, ou chambellan) : mentionné à partir des années 330. Souvent un eunuque. Proche de la personne impériale. Peut être très influent.

Primicierus sacri cubiculi (Primicier de la chambre sacrée) : rang élevé s'insérant entre celui des comites domesticorum et celui du primicerius notariorum. Il était le plus haut en grade des uiri spectabiles. Ce poste est immédiatement inférieur à celui du grand chambellan.

Cubiculaires : Eunuques sous les ordres du primicierius sacri cubiculi.

Comites : désigne une dignité purement honorifique, une fonction dont l'exercice implique le titre de Comte, ou l'ensemble de l'entourage impériale (la cour). Divisé en 3 rangs en 330 : les deux premiers étaient réservés aux personnes de rang sénatorial (clarissimes), le troisième aux perfectissimes (héritiers de l'ordre équestre).

Patrice : issus de ces Comtes. Dignité personnelle, non héréditaire, conférée pour l'éminence des services rendus. Leur prestige les plaçait immédiatement après l'Empereur. Ce sont les seconds personnages de l'Etat, et ils se substituent parfois à l'Empereur lui-même tels Stilicon et Constance, qui s'imposent à Honorius.

LES POSTES DE GOUVERNEMENT

Constantin réforme le Conseil impérial (consilium principis), exclusivement composé de sénateurs. Vers 343, ce conseil reçoit le nom de Consistoire du palai sacré. Ses membres siègent debout par déférence à l'égard de l'Empereur. Ils étaient choisis par ce dernier. Le conseil est composé des titulaires des postes gouvernementaux les plus importants, tels que le Questeur du palai sacré, le Maître des offices, le Comte des largesses sacrées et le Comte de la chose privée. Parmi les Comtes n'en font partie que les Comites intra consistorium. A l'occasion, des officiers supérieurs peuvent y participer.

Magister officiorum (Maître des offices) : apparait en 320. Le poste est probablement crée par Licinius (Empereur en Orient de 308 à 324). Sorte de ministre de l'intérieur, il est le chef de l'administration impériale, chargé du commandement administratif et honorifique des scholes palatines (la nouvelle garde impériale de recrutement barbare, sur le terrain elles sont commandées par des officiers généraux en charge des opérations), du corps des agentes in rebus, sortes de chargés de missions, et des scrinia (bureaux du palai). Il lui incombe le contrôle des fabricae (arsenaux) et les questions d'ambassade et d'interprétariat.

Comes domesticorum (Comte des domestiques) : commande le corps des protectores (ou domestici), de recrutement romain et regroupant de jeunes officiers. Il assure la direction du personnel militaire. La carrière des officiers est entre ses mains. Il rempli dans les années 350-370 des commandements d'armée en campagne ou de renforts stratégiques. Dans le cadre d'une opération militaire combinée occident/orient, il est le représentant direct de l'Empereur.

Tribuns du palai et tribun des écuries : ce sont deux tribuns prétoriens à la cour impériale et deux officiers d'état major de haut niveau. Le tribun du palai (cura palatii) s'occupe d'intendance. Le tribun des écuries impériales (connétable / comes stabali) contrôle tout le parc de véhicules de l'armée et les haras impériaux. Sous les ordres du Maître des offices, il commande les palefreniers impériaux chargés d'examiner les chevaux levés sur les provinciaux par les gouverneurs.

Quaestor sacri palati (Questeur du palai sacré) : crée par Constantin selon Zosime. Porte-parole de l'Empereur, prenait la parole en son nom devant le Consistoire. Chargé de préparer la rédaction des textes de loi. Tenait le laterculus minus (liste restreinte des fonctionnaires impériaux). Ce poste est tenu par des grands lettrés, des rhéteurs de renom, experts en jurisprudence et en langage technique.

Comes sacrarum largitionum (Comte des largesses sacrées) : Apparait dans les années 340. Comte financier, il s'occupe des finances impériales, des mines, du monnayage, du paiement des annones aux fonctionnaires. Les revenus des provinces sont gérés par les Praepositi thesaurorum sous les ordres du comes sacrarum largitionum.

Praepositi thesaurorum : sous les ordres du comes sacrarum largitionum, ils gèrent les revenus des provinces. Leurs bureaux comportent des cours des comptes dont étaient justiciables les directeurs des monnaies et des fabriques d'Etat et les collecteurs d'impôts.

Comes rei privatae (Comte de la chose privée) : Apparait dans les années 340. Comte financier, il gère la fortune personnelle de l'Empereur.

Magistri scriniorum (chefs de bureaux) : prenaient en note les délibérations en écriture tachygraphique.

Primicierus notariorum (primicier des notaires) : commande le corps des notaires. Tient la liste exhaustive des fonctionnaires, le laterculus maius. Est de rang proconsulaire.

Notarii (notaires) : prenaient en note les délibérations en écriture tachygraphique. Ont également une fonction de surveillance des fonctionnaires impériaux. Ils connaissent de part leur emploi de greffiers les secrets d'Etat.

LES SCRINIA (BUREAUX)

Il existait à partir de Constance II 3 bureaux en occident et 4 en Orient. Les fonctionnaires palatins, préfectoraux, diocésains et provinciaux constituent une militia avec un uniforme correspondant au rang et à la fonction.

Magistri (maître des bureaux) : dirige les fonctionnaires. Sont recrutés à partir de Constantin dans l'ordre sénatorial. Le magistri est sous les ordres du magister officiorum.

Proximi (adjoints) : sous les ordres des Magistri pour faire fonctionner les bureaux.

Officiales (secrétaires) : sous les ordres des Magistri pour faire fonctionner les bureaux.

Rationales (comptables) : présents dans les bureaux financiers des largesses sacrées et de la chose privée.

LES POSTES MILITAIRES ET DE RENSEIGNEMENT

Magister Peditum (maître de l'infanterie) : son autorité s'exerce sur des fantassins et des cavaliers constituant les réserves stratégiques de l'Empire.

Magister Equitum (maître de la cavalerie) : son autorité s'exerce sur des fantassins et des cavaliers constituant les réserves stratégiques de l'Empire.

Magister Equitum Per Gallias (maître de la cavalerie des Gaules) : apparait après 364. Il est subordonné aux deux autres Magister. Il commande des forces de théatres opérationnelles.

Magister Militum (maître de la milice) : Apparait entre 340 et 350. C'est un grade crée par Constance II. Un maître de la milice assure le commandement des armées. A partir de 388, ils peuvent être dits : présents à la cour (magistri praesentales). C'est une innovation de Théodose.

Comes et Magister Utriusque Militiae (comte et maître des deux milices) : Apparait en 394. Il correspond au titre de généralissime. Il qualifie l'ancien maître de l'infanterie présent à la cour. Stilicon est le premier à parvenir à ce grade. Constance puis Aétius suivront.

Comes Rei Militaris (comte de la chose militaire) : officiers généraux. C'est un grade inférieur au maître de la milice. Au bas de l'échelle, il peut désigner un adjoint d'un officier général (qui aura le titre de vicaire dans ce cas). Le plus souvent, le grade de Comte est lié au commandement de troupes frontalières.

Duc : grade inférieur à celui de Comte. Comtes et Ducs ont des commandements régionaux. Les Ducs ont sous leurs commandemens les troupes frontalières dites Riparenses puis Limitanei.

Praepositi (préposés) : grade d'officier, est plus une fonction qu'un grade.

Praefecti (préfêts) : grade d'officier. Les préfets d'ailes sont nombreux en occident.

Tribuns : grade d'officier le plus répandu. Ils peuvent diriger des manufactures d'armes, remplir des missions d'escorte ou d'état major d'un officier général. A l'échellon inférieur on trouve les chefs d'unités ou des officiers sans affectation (vacants) Les unités ordinaires de cavalerie sont commandées par des tribuns de vexillations. Les tribuns sont des chefs combattant à la tête de leurs hommes. 35 tribuns sont tués à la bataille d'Andrinople en 378.

Vicarius (vicaires) : grade d'officier en second. Ils assistent les tribuns.

Protectores domestici : à la fois une élite et un ordre, les Protectores domestici forment un corps d'officiers d'élite sous les ordres du Comte des domestiques. Ce corps ne semble pas être voué au combat. Il assure des missions d'escorte de l'Empereur ou d'officiers généraux, de secrétariat d'état-major, de liaison, de renseignements, d'arrestation ou d'élimination de hauts dignitaires. L'historien Ammien Marcellin, et les Empereurs Constance Chlore (305-306), Maximin Daïa (307-313) et Jovien (363-364) furent des Protectores domestici. La formation pratique des officiers supérieurs passe par ce corps au IV siècle. La plupart des Protecteurs, après leur service, accèdent au commandement d'une unité.

Candidats : corps de 50 pages impériaux issus des protectores domestici. Ils vont jusqu'à accompagner dans la mort l'Empereur Valens en 378.

Agentes in rebus : Dioclétien supprime les frumentarii pour les remplacer par les Agentes in rebus (“ceux qui agissent dans les choses”). Ce sont des chargés de mission polyvalents dans le domaine du renseignement, sous la direction du Magister officiorum. Ils accomplissent des tâches de police, sont chargés de la surveillance des services de la poste officielle, de porter des messages, d'accomplir des missions urgentes au nom de l'Empereur, d'espionner à tout niveau de la société. Ils peuvent arrêter et exécuter de hauts personnages s'ils sont suspects à l'Empereur. Ils portent un uniforme, sont organisés militairement en 5 grades avec un tableau d'avancement régulier. Leur nombre passent de 1174 à 1248 en 430.

Curiosi et Arcani (indicateurs) : deux par provinces, ils aident les agentes in rebus dans leurs missions.

SUBDIVISION ADMINISTRATIVE

Dioclétien (284-305) redécoupe les provinces pour en faire des unités plus petites. Le nombre de provinces passe de 48 à plus de 100. Ces provinces furent regroupées en Diocèses, dont le nombre varia entre 12 et 15.

Préfet de la ville : au IV siècle, Rome et Constantinople sont gérées par un préfet de la ville. Il a dans ses attributions l'administration et le ravitaillement en blé, viande et vin. Il a sous ses ordres un fonctionnaire spécial, le rationalis uinorum assurant la gestion des fonds correspondants

Préfet du prétoire : jusqu'à Constantin, on en compte 2 qui commandaient les troupes prétoriennes à Rome. Constantin détacha les préfets du prétoire dans l'Empire, avec des attributions strictement civiles : administration de l'impôt, la distribution des evectiones (saufs-conduits), la surveillance des édifices publics et des écoles, le jugement des causes en appel, le transport des annones.

Vicaire du préfet du prétoire : est à la tête de chaque Diocèse. Il est appuyé par deux trésoriers.

Praesides, Correctores, Judices, Hyparchoi, Proconsul : gouverneurs de provinces. Leur rôle judiciaire est important, jugeant en appel les causes qui leur venaient des cités.

Comtes d'Orient et d'Afrique : poste permanent à partir de 340. Contrôlent les actes des gouverneurs.

AUTRES

Cursus publicus (service postal impérial) : placé sous la surveillance des Agentes in rebus par Constance II.


SOURCES :

Le monde romain tardif
De : Bertrand Lançon (Maître de conférence à l'université de Valenciennes)
Edition Armand Colin, 1992

Res Gestae / Histoire
De : Ammien Marcellin (vers 330- vers 395; militaire et historien de langue latine)
Edition Les Belles Lettres, 2003

L'Empire romain en mutation (192-337)
De : Jean-Michel Carrié (ancien membre de l'Ecole française de Rome, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, responsable de la rédaction de la revue antiquité tardive) et Aline Rousselle (Professeur d'histoire ancienne à Toulouse II)
Edition Points Histoire, 1999

La fin de l'armée romaine
De : Philippe Richardot (Agrégé et docteur en Histoire, membre de la comission française d'Histoire militaire)
Edition Economica, 2001

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